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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 16:10

Comment favoriser l'e-inclusion et réduire la fracture numérique en France ?



La  fracture numérique est le résultat combiné de trois critères: l’accès (les individus n’ont pas le même accès aux technologies de l’information et de la communication en termes d’infrastructures et/ou d’équipement informatique); la compétence (les individus n’ont pas les mêmes compétences face à un ordinateur, qu’elles soient techniques ou autres (lire, écrire, participer à des forums.. ); l’usage (les usages et les attitudes vis-à-vis des TIC diffèrent).

La notion même de fracture numérique est liée à l’existence d’une population d’exclus des nouvelles technologies et de la société de l’information et de la communication. Ces e-exclus sont principalement des personnes à faibles niveau d’éducation et revenus, des sans emploi ou des personnes âgées. 

Selon le rapport eLost (2006) issu d’une étude menée sur l’ensemble des pays européens, l’âge, l’éducation et l’activité principale sont les principaux facteurs explicatifs du niveau d’utilisation d’Internet: 7% des plus de 65 ans versus 78% des 15-24 ans utilisent l’Internet, 37% des sans emploi versus 82% des étudiants utilisent l’Internet. Les eLost se caractérisent également par une attitude négative envers les NTIC en raison de leur méconnaissance des possibilités offertes par les outils: 68% d’entre eux  ne voient pas l’usage qu’ils pourraient faire de ces technologies.

Pourtant, la lutte contre l’e-exclusion est une préoccupation de l’Europe: en 2000, la stratégie de Lisbonne fixe un objectif ambitieux: que tous les citoyens aient les compétences appropriées pour vivre et travailler dans une nouvelle société de l’information pour tous. En 2006, la déclaration 162 de la conférence de Riga confirme cette orientation en visant à réduire de moitié l’e-exclusion en Europe d’ici 2010.
De nombreuses recherches portent sur l’étude de la fracture numérique entre pays du Nord et du Sud (Cheneau-Loquay A, 2004 et 2006 ; Rallet et Rochelandet, 2004 ; Ripert, 2006). Cependant, l’e-exclusion devient un problème croissant dans les pays développés où deux populations se différencient, l’une utilisatrice des nouvelles technologies et connectée à la société de l’information et de la communication, l’autre exclus de ce monde et probablement aussi du monde de demain.

Le cas de la fracture numérique en France illustre cette évolution. Alors que la France est l’une des sept plus grandes puissances mondiales, elle accuse un fort retard encore en 2008 en matière de taux de connexion à Internet. Quand 52 % des foyers sont connectés à l’internet en France (Médiamétrie, mars 2008), ils sont près de 70% - en Angleterre ou en Allemagne et 80% en Suède ou aux Pays-Bas.

 

Pourquoi réduire la fracture numérique en France:

La réduction de la fracture numérique en France reste un enjeu social, économique et politique. Au niveau social, permettre aux e-exclus d’accéder aux nouvelles technologies apporte plusieurs bénéfices: pour les sans emploi, l’accès à l’internet peut faciliter la recherche d’emploi (envoi de CV, consultations d’offres); pour les foyers défavorisés, il peut faciliter l’insertion sociale si l’interface et l’utilisation sont conçues pour un accès simple aux services sociaux, aux associations d’aide, aux services de proximité; pour les personnes âgées, l’utilisation de l’email peut favoriser les liens intergénérationnels, la connexion à l’internet diminue leur isolement, tandis que plus globalement les recherches technologiques  actuelles vont développer des systèmes favorisant le maintien à domicile de personnes dépendantes. Au niveau économique, plusieurs études ont montré que les nouvelles technologies peuvent apporter un point de croissance supplémentaire en France, ce qui est non négligeable dans la conjoncture actuelle mondiale. Les technologies numériques constituent l’un des moteurs de la croissance mondiale. Selon l'Idate, le marché mondial de l’économie numérique devrait franchir en 2008 la barre des 3 000 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec un taux de croissance (+6%) deux fois supérieur à celui de l’économie mondiale. Selon le rapport Assises du numérique du secrétariat d’Etat au développement du Numérique du 29 mai 2008, le marché français des technologies numériques a progressé en 2007 (+2,6%), mais cette croissance reste néanmoins inférieure de 30% à la croissance européenne, et de 50% à la croissance américaine. Au niveau politique, il existe un réel enjeu, celui de créer une réelle société du numérique bénéficiant à tous, favorisant l’e-inclusion comme facteur de progression sociale et permettant à la France d’avoir une réelle position au niveau mondial dans le secteur des nouvelles technologies.

   

Méthodologie :

Afin de déterminer des pistes de réflexions pour réduire la fracture numérique en France, nous avons organisé des focus groups regroupant des experts. Ces groupes ont été organisés dans le cadre du travail de l’association Renaissance Numérique, qui regroupe des dirigeants de l’Internet et des universitaires, dont l’objectif est de réfléchir et d’agir pour la réduction de la fracture numérique. Les groupes de travail ont été organisés autour de six cibles touchées par la fracture numérique en France: les foyers défavorisés, les zones rurales, les seniors, l’enseignement scolaire, les TPE/PME et les personnes handicapées. Chaque groupe de travail a réuni une vingtaine d’experts sur chaque sujet, provenant d’institutions publiques, d’associations, du secteur privé. Ce travail est donc le résultat d’entretiens de groupes avec plus de cent vingt experts. Une vingtaine de réunions ont été organisées. Ces groupes de travail se sont réunis au cours des mois de Mai et Juin 2008.

Téléchargez les résultats de ces groupes de travail ci-dessous:
RapportInitiativeFranceNumeriquePointCom.pdf RapportInitiativeFranceNumeriquePointCom.pdf
11Mesures_VF.pdf 11Mesures_VF.pdf

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Published by christine balague - dans E-inclusion
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