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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 10:56

Durant les quinze dernières années, le numérique a profondément métamorphosé nos sociétés et la vie quotidienne des citoyens. Il améliore la productivité des entreprises, ouvre un champ de connaissances très vaste grâce à l’Internet, modifie les relations sociales. Les progrès liés à la e-santé permettent de soigner aujourd’hui à distance ou d’opérer avec des appareils de plus en plus efficaces. L’évolution des villes de plus en plus numériques, ainsi que la géolocalisation changent notre relation à l’environnement. L’e-éducation introduit de nouvelles pédagogies et élargit le champ des savoirs. Ces transformations sont également sources de création et de développement d’entreprises et d’emplois. Le Think Tank Renaissance Numérique que je co-préside, a organisé le 22 novembre dernier une grande journée à l’Assemblée Nationale pour réfléchir à des mesures sur la thématique « numérique et sortie de crise ». Des débats participatifs ont été organisés à Marseille, Nantes, Bordeaux et à l’Assemblée Nationale. Au total, 400 acteurs du numérique ont pris part à cette réflexion pour faire du numérique un levier de la sortie de crise, et 19 mesures sont sorties de ces échanges riches et fructueux, autour de six grandes thématiques. La première concerne l’accélération de la numérisation des entreprises, source potentielle de croissance et d’emplois, en particulier au sein des PME françaises. Les acteurs ont proposé que le numérique devienne une priorité de la formation professionnelle continue, qu’une journée nationale de sensibilisation à l’économie numérique soit créée, et qu’un baromètre semestriel de la numérisation des TPE soit mis en place afin de mesurer l’évolution de la numérisation des entreprises, y compris les plus petites. La deuxième thématique a porté sur les échanges entre grandes entreprises, PME et la recherche. Favoriser l’émergence d’un écosystème entre le monde de la recherche et de l’entreprise permettrait d’être à la pointe des évolutions technologiques ou d’usages et de développer un réel avantage concurrentiel, y compris à l’international. Une troisième voie « numérique et sortie de crise » porte sur la fluidification de la relation Etat-entreprises pour dynamiser la croissance, en développant en particulier les incubateurs d’entreprises au sein de toutes les structures universitaires, en y intégrant un système de parrainage. D’autre part, l’accompagnement des décideurs publics dans l’évaluation des dossiers de financement, ainsi que la sensibilisation des agents publics territoriaux aux enjeux et usages du numérique est nécessaire. Susciter toutes les vocations avec le numérique, du stage à la création d’emplois et d’entreprises, constitue le quatrième axe majeur de « Numérique et sortie de croise ». Des propositions de création d’une émission de télévision déclinée sur le web, à fréquence hebdomadaire et en format court sur les chaînes du service public. Développer l’achat public comme accélérateur du développement des TPE/PME innovantes, ou encore équiper et former les bénéficiaires du RSA et faire mieux connaître les métiers du numériques aux missions locales et à Pôle Emploi, constituent des pistes à creuser. La formation et l’éducation au numérique est également un enjeu majeur dans les années à venir. La création d’une discipline nouvelle « informatique et sciences du numérique », des passerelles de sensibilisation aux métiers du numérique pour les élèves et les professeurs, et d’un diplôme de l’internet pour les filières courtes, permettrait de développer les usages et de répondre à des offres d’emplois du secteur qui ne trouvent pas de candidats aujourd’hui. Enfin, l’appropriation des nouveaux usages du numérique, source d’accélérateur de lien social, est également une piste à creuser dans le cadre de la sortie de crise. Quelques propositions pourraient être mises en place rapidement, comme créer un kit numérique pour le créateur d’entreprise, développer le statut du télétravail, nommer des correspondants numériques locaux pour les TPE PME, ou encore systématiser le « M Gouvernement ». o Le numérique constitue ainsi un levier pour contribuer à sortir de la crise. Les mesures proposées ci-dessous ont été sélectionnées en raison de leur simplicité et du faible coût pour les pouvoirs publics. L’objectif désormais est de les mettre en place.

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 03:34

 

Ci-dessous le communiqué de presse publié le 9 mai 2012 par le Think Tank Renaissance Numérique, que je copréside. Vous pouvez retrouver ce CP sur le site du Think Tank: link



Le numérique, c’est maintenant !

Paris le 9 mai 2012

Renaissance Numérique félicite François Hollande pour son élection à la Présidence de la

République et espère que l’alternance consacrera une réelle intégration du numérique dans

la stratégie gouvernementale, notamment avec la nomination d’un ou une ministre du

Numérique. Le Think Tank invite l’ensemble des acteurs du numérique à se réunir début

juillet pour apporter des réponses concrètes de sortie de crise et développer la croissance.

Un ministère du numérique pour une dynamique numérique forte au service de la

jeunesse et de la justice

Consacré comme l’un des 22 thèmes majeurs de la campagne de François Hollande, le

« numérique » mérite, dès le 16 mai, une place plus forte encore dans le futur gouvernement

pour apporter tout son potentiel au service des thèmes prioritaires du nouveau Président de la

République.

Renaissance Numérique demande la création d’un ministère à part entière dédié à l’économie,

à la société et à l’éducation numériques et directement rattaché au Premier Ministre, qui

regrouperait l’ensemble des compétences « numériques » hier disséminées en particulier à

l’industrie, à la culture ou à l’éducation.

Christine Balagué, co-Présidente de Renaissance Numérique, précise que « ce ministère devra

être doté des moyens nécessaires pour mener des actions fortes à destination notamment des

citoyens, des entreprises, de l’institution scolaire et de la compétitivité de la France ».

L’ensemble des membres du Think Tank rappelle en outre que le numérique est un véritable

catalyseur culturel et économique pour la jeunesse française. Il est aussi un vecteur de justice,

par sa capacité à offrir à tous les mêmes chances et à créer des liens nouveaux entre tous les

citoyens, indépendamment de leurs origines géographiques ou sociales.

Un rassemblement des acteurs du numérique pour une sortie de crise accélérée

Sans attendre les décisions du futur gouvernement, Renaissance Numérique propose à

l’ensemble des acteurs du numérique de contribuer à aider la France à sortir de la crise et à

retrouver la croissance: « notre conviction est que l’État est en droit d’attendre du numérique

qu’il participe au développement économique et au bien-être social du pays », précise

Guillaume Buffet, co-Président de Renaissance Numérique, qui ajoute que « les leviers

d’actions du numérique sur l’emploi, la jeunesse, la cohésion sociale notamment, sont

incontournables ».

Le think tank propose ainsi que soit organisée début juillet 2012 une semaine de réflexion et

de rédaction de mesures concrètes directement applicables plaçant le numérique au coeur de

l’action. Il souhaite rencontrer au plus vite celles et ceux qui, au sein du futur gouvernement,

auront en charge les questions numériques.

À propos de Renaissance Numérique

Renaissance Numérique est le principal think-tank indépendant du numérique citoyen en

France. Il est composé de grands chefs d’entreprises de l’internet et d’enseignants-chercheurs

réputés du secteur. Il est co-présidé par Christine Balagué et Guillaume Buffet.

Contact presse : Loïc Bodin, Délégué général, bodin@renaissancenumerique.org -

01.82.83.92.33 – 06.13.77.16.43

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 18:58

Les débats sont maintenant visibles sur le site:  http://www.qg-numerique.org/fr/citoyen/agenda/354-cafedebats

 

Dans le cadre du QG numérique (www.qg-numerique.org) le think tank Renaissance Numérique que je co-préside avec guillaume Buffet a organisé ce matin,  le 11 avril 2012, une matinée de débats sur les thèmes suivants : 

Services publics numériques aux citoyens : enjeux et perspectives ?
Données personnelles sur internet : quels enjeux dans une société numérique ?
Culture et numérique : quel impact du numérique dans l'industrie et la diversité culturelles ?
Quelle démocratie à l'heure du numérique ?

Toutes celles et tous ceux qui souhaitaient contribuer à la discussion étaient les bienvenus et pouvaient s'exprimer tout au long de la matinée. 

 

Le café débats ont eu lieu au Pub Saint Germain (17 rue de l'ancienne comédie, Paris 6ème) de 8h00 à 12h30.  

Un live-stream des débats sera retransmis sur le site du QG. Retrouvez toutes les réactions sur Twitter en utilisant #QGNUM

 

Programme

8h00 - 8h30 : Accueil - Petit déjeuner

8h30 - 9h15 : " Services publics numériques aux citoyens : enjeux et perspectives ? "

9h30 - 10h15 : " Données personnelles sur internet : quels enjeux pour une société numérique ? "

10h30 - 11h15 : " Culture et numérique : quel impact du numérique dans l'industrie et la diversité culturelles ?"

11h30 - 12h15 : " Quelle démocratie à l'heure du numérique ? "

 

N'hésitez pas à poursuivre les débats et à exprimer librement vos idées sur le site du QG numérique (www.qg-numerique.org)

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 18:51

 

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Retrouvez les 100 personnalités qui, selon la Tribune, font grandir le numérique français:

http://www.usinenouvelle.com/article/les-100-du-numerique-en-france.N172078

 

13 de ces personnalités sont liées à l'Institut Telecom!

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 18:45

 

 

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site du QG numérique: www.qg-numerique.org

 

 

Ci dessous le communiqué de presse de Renaissance Numérique sur le lancement du QG numérique, que nous avons crée en partenariat avec Cap Digital et Silicon Sentier

Vous pouvez retrouver ce communiqué sur le site de Renaissance Numérique: www.renaissancenumerique.org

 

À cinq semaines du premier tour de l’élection présidentielle, les acteurs du net ont décidé de se regrouper pour créer un QG Numérique, qui durera jusqu’au 6 mai prochain. Ce lieu d’expression et de débats a vocation à faire du numérique un sujet central et transverse de la campagne présidentielle, notamment à travers des manifestations et des contributions publiées sur le site internet dédié. Tous les acteurs engagés dans le QG Numérique partagent cette conviction que l’internet n’est pas un sujet parmi d’autres, mais qu’il est au contraire un sujet au cœur de tous les autres. Chaque semaine à compter du 19 mars, acteurs du numérique et citoyens seront conviés à repenser un grand sujet à l’aune des mutations et opportunités qu’offre le numérique.

 

Guillaume Buffet, Co-président de Renaissance Numérique, estime que « l'ouverture de ce quartier général est l'occasion de cristalliser les projets qui vont nous aider à nous réinventer à l'ère numérique. Economie, social, éducation : dépassons les catalogues de mesures, prenons la mesure d'une nouvelle société. »

 Sandrine Murcia, Présidente de Silicon Sentier, souligne «les entrepreneurs, les acteurs du numérique ont de l’expérience, des idées, du savoir-faire. Le QG Numérique est là pour ouvrir un vrai dialogue avec les politiques et préparer ensemble dès maintenant les transformations inéluctables de notre société ».

Henri Verdier, Président de Cap Digital : « le QG numérique va être l'occasion de lancer un vaste forum, ouvert, créatif, accueillant, pour penser autrement la place du numérique dans la société française et son développement économique et culturel. »

 

« Un espace ouvert à tous »

 Chaque citoyen pourra apporter sa contribution sur le site internet dédié au projet, notamment via le partenariat avec Newsring, qui permettra de prolonger les débats. Jérôme Leleu, dirigeant du Groupe Interaction, l'agence interactive qui s’est proposée de construire la plateforme www.qg-numerique.org, précise que « le site du QG est volontairement ouvert à toutes les contributions. C’est au citoyen de s’emparer des sujets et de faire entendre ses idées sur le développement du numérique en France, qui seront du reste largement relayées sur les réseaux sociaux que nous avons intégrés à la plateforme ».

 

Le QG Numérique organisera une dernière table ronde entre les deux tours de l’élection présidentielle pour recueillir le sentiment de tous les partenaires sur la mobilisation des semaines précédentes. Les contenus produits permettront de sensibiliser le prochain président de la République et de l’interpeller sur le potentiel et la richesse du numérique.

 

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 17:28

 

 

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Retrouvez sur le Cercle des Echos  le  compte rendu du 4ème atelier du numérique, que j'ai animé à l'Institut Telecom le 23 mars 2012 sur "les dénumérisés à l'heure de la présidentielle"

 http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/high-tech-medias/internet/221145047/document-denumerises-a-heure-presidentielles

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 17:25
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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 00:27

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En France, rares sont les Parlementaires à revendiquer une connaissance réelle du monde numérique. Plus souvent sensibilisés aux risques qu'au potentiel qu'apporte l'économie numérique pour notre pays, la très large majorité d'entre eux ne joue pas encore le rôle de moteur pour la diffusion de l'économie numérique et la réduction de la fracture numérique.

Comme sensibiliser les parlementaires à la révolution du numérique dans la vie quotidienne des citoyens, comment les aider à faire face à ces évolutions tehcnologiques, comment leur faire réaliser que la fracture numérique est créatrice de fracture sociale et que tous les français doivent être connectés, équipés et formés aux nouvelles technologies et à l'Internet?

Nous avons lancé au sein de Renaissance Numérique un superbe projet: le Social Nextwork. L'idée est que dans chacune des 577 ciorconsciptions françaises, chaque député ait un référent numérique avec lequel il peut échanger sur les sujets autour de l'économie digitale.

 Sous l'égide de Renaissance Numérique, chaque membre du réseau Social Nextwork a demandé un rendez-vous avec le député de sa circonscription le 2 décembre 2011. Au menu : échanges et sensibilisation au sujet du numérique.

Le 8 décembre 2011, nous avons remis une synthèse de l'ensemble des comptes-rendus d'entretiens au Président de l'Assemblée Nationale, M. Bernard Accoyer, qui a souligné que notre initiative de "Social Nextwork" était excellente. Bravo au président du comité de pilotage Godefroy Jordan, à Loic Bodin délégué général de Renaissance Numérique, et à Sophie André, chargée de mission, pour leur investissement et  leur efficacité dans ce beau projet.

Le Social Nextwork ne s'arrête pas à ce premier succès. Deux grands rendez-vous seront organisés très prochainement, le premier en mars 2012 avec les 348 Sénateurs et le second en octobre 2012 avec les 577 Députés de l'Assemblée Nationale fraîchement renouvelée.

Pour suivre le Social Network:

http://www.social-nextwork.fr/

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 12:09

Nous avons organisé au sein du think Tank Renaissance Numérique que je co-préside avec Guillaume Buffet, un petit déjeuner le mercredi 21 septembre 2011, au restaurant Ladurée, en présence de M. Rod Beckstrom, CEO de l’ICANN et de Mme Jennie-Marie Larsen, responsable marketing de Sedari.

Ci-dessous un compte rendu des échanges, qui permet de mieux comprendre cet incontournablke structure de l'Internet! 

 

3.     3. Cas de compétition sur un même nom générique : comment arbitrer ?

 Une Commission spéciale pour arbitrer cette compétition est mise en place.

Les critères de sélection sont notamment : 

-      la  technologie 

-      le financement

-      la non criminalité

-      le business plan (pour assurer une pérennité)

 

L’ICANN recherche un accord entre les deux parties pour l’intérêt général.

Par ailleurs il existe des règles particulières pour les capitales de pays. Les noms de domaine reviennent aux ayants-droits de la ville. Par exemple la ville de paris gère le .paris, privant le grand Paris de sa gestion.

L’extension de noms de domaine soulève de nombreuses questions et quelques conflits auront probablement lieu. L’ICANN entend arbitrer ces conflits en suivant une procédure et des principes précis qui sont clairement détaillés sur son site.

Pour une vision complète des principes directeurs pour un règlement uniforme des litiges relatifs aux noms de domaine : site ICANN

 

4.      4. Délégation de noms de domaine de code pays

L’ICANN travaille en collaboration avec d’autres organismes auxquels l’institution délègue les responsabilités de gestion et d’administration de noms de domaine de code pays (ccTLD – country code top level domain).

Le manager délégué d’un ccTLD fournit un service public au nom de la localité ou du pays dans lequel il travaille. Il a le devoir de servir la communauté de la localité ou du pays concerné.

Une fois la délégation accordée, l’ICANN n’administre plus le nom de domaine concerné (le.fr par exemple), en revanche en cas d’abus les délégués peuvent perdre leur pouvoir.

Pour plus d’informations sur les principes de délégation et d’administration de noms de domaine de pays : doc ICANN

 

5.      Noms de domaine controversés 

L’ICANN est neutre et n’a pas de pouvoir sur les contenus qui sont derrière les noms de domaine.

N’importe quel citoyen est libre de formuler une requête auprès de l’ICANN pour dénoncer un nom de domaine (un nom de domaine terroriste comme .djihad), moyennant unesomme d’argent pour enclencher l’enquête.

Pour plus d’informations sur la procédure relative aux objections relevant de la morale et de l’ordre public : doc ICANN

 

6.      Gouvernance

Icann a un contrat avec le gouvernement américain mais ne fait pas partie de l’administration américaine.

142 pays travaillent avec l’ICANN. Le directoire est international et ICANN travaille en toute indépendance avec des personnes du monde entier et non avec seulement l’administration américaine.

Des améliorations vont encore être apportées au contrat qui uni l’ICANN aux Etats-Unis, pour accorder à l’ICANN encore plus d’indépendance.

Des recommandations peuvent être postées en ligne sur le site de l’ICANN

 

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 15:01

                              Renaissance Numérique, think tank que je co-préside, a participé à l’atelier organisé par le Parti Socialiste à La Cantine le 20 juin dernier et était présent lors du discours sur le numérique de Martine Aubry au 104 le 22 juin. Le think-tank est également intervenu lors de la convention UMP sur le numérique qui s’est tenue hier à l’auditorium du palais Brongniard. L’occasion pour « RN » de décrypter et comparer les deux approches.


1.      Le numérique sur le devant de la scène : un sujet désormais incontournable 

Nous nous sentions bien seuls, chez Renaissance Numérique en 2007, lorsque nous clamions que les politiques devaient s’intéresser au numérique, qu’une transformation majeure de la société était en cours, que l’économie était en train d’être bouleversée, que l’accès pour tous à l’internet devait préoccuper tous les décideurs publics.

Le temps a passé. Les politiques ont évolué. Désormais, le numérique s’inscrit au premier plan des préoccupations politiques. Ce n’est pas pour rien que Martine Aubry en a fait le grand thème de ses dernières déclarations avant l’annonce de sa candidature. Ce n’est pas pour rien que l’UMP a répliqué avec une convention en grande pompe sur le sujet.

Coté PS, les proches de Martine Aubry ont organisé des ateliers de travail le 20 juin dernier à La Cantine. Cette rencontre a permis de déboucher sur un certain nombre d’axes et quelques voies pour des mesures à peaufiner. Deux jours plus tard, la Première Secrétaire du PS publiait une tribune intitulée « La France connectée » dans laquelle elle dressait ses ambitions pour le numérique (lire la tribune ici). Le soir-même, elle prononçait un discours fleuve sur le sujet au 104.

Coté UMP, la députée Laure de La Raudière, a organisé une convention mardi 28 juin à l’auditorium du Palais Brongniard intitulée « Révolution numérique : le meilleur reste à venir ». Deux tables rondes se sont succédées, réunissant de grands noms de l’internet français, dont Renaissance Numérique pour parler de net citoyen. Un document présentant 4 grands axes déclinés en 45 mesures a été distribué à toutes les personnes présentes (l’événement était ouvert à tous, non aux seuls militants UMP). Jean-François Copé, Secrétaire Général de l’UMP, ainsi que Éric Besson, ministre de l’économie numérique, étaient présents.


 

 2. Les grandes lignes

Pour ce qui est du parti socialiste, les 3 thèmes développés à la Cantine étaient :

la cité numérique

les droits et libertés numériques 

l’entrepreneuriat

Dans sa tribune, Martine Aubry a particulièrement mis en avant : 

le potentiel économique du secteur numérique

un « droit à la connexion »

le déploiement du très haut débit

le démantèlement de la Hadopi et l’instauration de la licence globale

la création d’une Fondation eDémocratie

l’aide aux PME numérique via le statut JEI et la mise en place d’un Small Business Act

 

Pour l’UMP, 4 grands axes ont été travaillés :

« l’internet neutre partout et pour tous »

« une politique qui mise sur la responsabilité des acteurs »

« une formation renforcée afin de lutter contre l’illettrisme numérique »

« faire de la France un leader mondial dans l’économie numérique »

Ces quatre piliers étant déclinés en 45 propositions.


 

3. Les grands clivages


Hadopi et licence globale

C’est certainement l’élément qui a été le plus repris dans les médias : la volonté de Martine Aubry de démanteler la Hadopi (Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet).

Pour la socialiste, l’aspect répressif / pédagogique est un échec et il faut trouver une solution nouvelle et juste pour allier liberté sur internet et rémunération des artistes. Pour cela, elle propose l’instauration d’une licence globale : tout le monde doit contribuer au financement de la création, à commencer par les citoyens qui devront mettre la main à la poche lorsqu’ils payeront leur abonnement internet. Ainsi, Martine Aubry entend mettre fin à « la guerre contre les internautes qui partagent ».

EN RESUME : Licence globale et partage des œuvres VERSUS hadopi et lutte contre le partage illégal 

L’UMP est jusque là opposée à l’instauration d’une licence globale. Il faut, selon le parti de droite, privilégier la pédagogie, quitte à passer par du répressif, plutôt que de réfléchir à un modèle radicalement nouveau de financement de la création.

 

Déploiement des infrastructures

Les deux partis s’opposent également de façon frontale sur le modus operandi du déploiement très haut débit. Même si la couverture de tous les Français représente un objectif commun des deux formations, le PS semble faire plus confiance à l’État (au public) pour déployer les réseaux, qu’au privé (ce que prône l’UMP).
En effet, afin selon eux de gagner en temps, en efficacité et en justice sociale, les socialistes ont proposé que  soit instauré un opérateur public qui aura pour mission de fibrer le territoire national. Il pourra établir des partenariats public/privé (PPP).
L’UMP pour sa part entend favoriser l’initiative privée, selon elle plus efficace. Ce qui n’empêchera pas la mise en place de PPP comme c’est actuellement déjà le cas entre opérateurs, collectivités et État.

EN RESUME : Pour déployer le très haut débit : Faire confiance au public dans une logique centralisée (PS) VERSUS faire confiance au privé dans une logique décentralisée (UMP) 

 

L’E-éducation

Le programme du PS est pour l’instant très lacunaire sur la place à accorder à l’éducation et au numérique. Comment repenser l’éducation à l’ère numérique ?  

Du coté de l’UMP, 10 des 45 mesures proposées sont consacrées à la place de l’éducation et de la formation au numérique. Il s’agit donc d’un enjeu considéré comme essentiel.

Toutefois, il faudra des moyens considérables ainsi que beaucoup de volontarisme politique pour faire advenir l’école 2.0. Sur les dernières années, force est de constater que cette volonté politique a cruellement manqué.

 

 

4. Points d’accord


La neutralité d’internet et son inscription dans la loi semble être un objectif des deux grands partis. On se rappelle que le rapport transpartisant co-rédigé par les députées Laure de La Raudière (UMP) et Corinne Erhel (PS) préconisait cette mesure

L’aide aux startups : financement et aide au décollage du chiffre d’affaires des PME numériques sont au programme des deux partis, notamment via l’instauration d’un Small Business Act (SBA : le principe est de réserver une partie des commandes publiques aux PME, comme c’est le cas aux Etats-Unis depuis 1953). Pourtant, aujourd’hui, un SBA n’est pas envisageable en raison des accords passés à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Renaissance Numérique, qui a travaillé sur cette question, dévoilera ces prochains jours des propositions sur ce sujet particulier. 

Filtrage et blocage : même si c’est l’UMP qui a majoritairement voté des lois censées se passer de l’intervention d’un juge pour bloquer ou filtrer un site internet, les deux partis semblent aujourd’hui avoir compris que ni la liberté d’expression ni les citoyens ne pouvaient s’accorder avec des mesures autoritaires et non contrôlées par la justice de blocage et de filtrage.

 

 

5.Approches et méthode


Les approches sur internet semblent en partie reproduire les schémas de 2007. Même si cette impression reste à confirmer au fil des prochains mois, l’UMP a une approche plutôt organisationnelle d’internet et des réseaux sociaux. Il est possible d’envoyer des contributions sur le site du parti mais l’essentiel du fond est produit en interne.

Coté PS en revanche, l’approche paraît plus participative : le programme issu des ateliers de travail à la Cantine est librement amendable en ligne. Il semble être fait appel plus au citoyen qu’au militant.

Même si l’UMP a promis hier un rendez-vous prochain à la Cantine, les lieux sont également symboliques de ces approches : 

                  la Cantine pour le PS (espace de travail collaboratif, dimension modeste)

                  la Bourse pour l’UMP (plus travaillé sur la forme, plus prestigieux voire « show off".


 

6. Répercussions médias


Les médias se sont largement intéressés à la tribune de Martine Aubry en particulier pour sa sortie contre la Hadopi et pour la licence globale. De très nombreux médias traditionnels l’ont ainsi reprise (Libération, Le Monde, 20 minutes, France Soir, etc.) mais également les citoyens via Twitter : « Aubry » est ainsi devenu un « trend topic » (sujet parmi les plus cités sur Twitter).

De même ; « umpnum » (le mot-clé utilisé sur le réseau Twitter pour parler de la convention UMP), a fait son entrée dans les « trend topics » 45 minutes seulement après le début de la convention UMP. Les reprises presse ont été moindres que pour la tribune de Martine Aubry mais il est intéressant de noter que sur internet, et notamment sur les réseaux sociaux, ces deux événements ont été très largement couverts et commentés.  

En complément, un article de l’Expansion consacré à la comparaison des programmes de l’UMP et du PS :

http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/le-match-ps-ump-des-programmes-numeriques_257934.html

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