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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 20:00

J'interviens demain matin à l'assemblée nationale dans le colloque Internet Solidaire sur les dénumérisés du 21ème siècle. La table ronde porte sur "Avantages et limites d'une nouvelle citoyenneté numérique" ....vaste sujet

Enfin un colloque sur ces sujets!!

Pour lire le programme de la journée et s'inscrire:

http://www.internetsolidaire.fr/site/programme.html

 

                                      Internet Solidaire

 

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 13:06

eG8

 

 Le eG8, auquel j'ai été invitée, a été source de débats contradictoires dans la presse et les medias, un grand succès pour les uns, un coup de com privé pour les autres. le sujet n'est pas sans intérêt et mérite quelques réflexions.

Les points positifs: tout d'abord, la remarquable organisation logistique sans faille de Publicis (on reconnaît là son professionnalisme). Ce n'était pas évident car avec tous les tweeters présents dans la salle, le moindre problème aurait été diffusé à la terre entière! Des télévisions partout sous une grande tente dans le jardin des Tuileries, des petits détails agréables (toilettes en bois, excellent buffet) ont permis de créer une atmosphère détendue et professionnelle autour du sujet qui nous intéressait tous, le fameux "e" de eG8 dont Eric besson n'a pas su trouver l'origine...

Le eG8 a également réuni un très beau parterre de speakers, d'Eric Schmidt (Google), Hiroshi Mikitani (Rakuten), R. Murdoch ou encore Mark Zuckerberg (Facebook). Mais les meilleurs furent bien sûr les professeurs d'Université, tels Lawrence Lessig, prof à Harvard, ou le journaliste Jeff Jarvis,  qui ont un peu élevé le débat. 

La contribution majeure du eG8 est plus symbolique: il est clair que le eG8 démontre une sensibilisation enfin des politiques au niveau international aux questions de l'Internet, et que c'est un grand pas qui va peut être faire évoluer nos politiques locaux sur ces sujets (en France une dizaine de parlementaires seulement sont compétents et motivés sur le numérique!).

 Enfin, les rencontres entre les participants et le networking développé pendant le eG8 furent pour beaucoup à la fois très agréable et très constructif. Enfin un grand évènement international réunissant les acteurs qui veulent faire avancer le numérique tout en ayant une réflexion sur la société vers laquelle nous amène ces technologies. Ce fut intéressant de croiser nos homologues dans les pays étrangers et de constater que les problématiques sont les mêmes, y compris avec les Etats-Unis pourtant souvent cité très en avance sur le numérique.

Les points négatifs du eG8 : il est évident que le eG8 était un évènement grandement sponsorisé par des grandes entreprises de l’Internet et des opérateurs, et organisé par une société privée, Publicis, avec l’implication personnelle très forte de son président Maurice Lévy. Associer le G8 à une manifestation très business, gérée par de grands groupes privés reste paradoxal et ambigu. J’aurais apprécié ne pas voir que des milliardaires de l’Internet sur la scène, mais aussi la société civile, les représentants de petites start ups, d’incubateurs, de pôles de compétitivité, de grandes écoles/d’universités, de philosophes des TIC, de tout l’écosystème innovant autour du numérique. Le plus grand manque se situe du côté de la recherche. Alors que Google est le fruit d’algorithmes inventés par deux chercheurs, peu de représentants du monde de la recherche était présents. Un peu de prospective dérangeante sur le monde du futur aurait mis un peu de piquant aux débats. En effet, les tables rondes n’ont pas appris grand-chose aux participants, on s’attendait à des discours plus décalés d’Eric Schmidt ou de Marc Zuckerberg, mais ce fut assez décevant. Rien de bien innovant !  En revanche, les tables rondes sur la liberté d’expression, la pétition lancée par la quadrature du Net et Jeff Jarvis, abordaient enfin les sujets de fonds, comme la gouvernance d’Internet, le choix entre un Internet libre et un Internet régulé.

L’Europe fut également peu présente au sein du eG8, qui avait une vision plutôt américaine du sujet (Lawrence Lessig, prof à Harvard,  a même été déçu et a trouvé ce eG8 très « american minded » ;  il s’attendait à voir un peu plus d’acteurs de la France et de l’Europe). Très étonnant car la France est un tout petit marché pour les sociétés du numérique, et que l’Europe pourrait être innovante en terme de régulation de l’Internet et assurer un contre pouvoir aux Etats-Unis sur ces sujets, voire être encore plus innovante et créative, étant donnés ses nombreux talents. Dommage cette faible présence de l’Europe ! 

Pour conclure, le eG8 a finalement permis de bien réaffirmer que l’Internet révolutionne nos sociétés et le comportement des individus, qu’il est créateur d’emplois et source de PIB. L’étude de Mc Kinsey a encore appuyé cet argument qui semble désormais intégré par nos dirigeants politiques. Le numérique est un secteur important qu’il faut traiter au même titre que l’industrie ou l’énergie.

Sur les questions de fonds, le eG8 a simplement permis d’initier les débats : sur la liberté d’expression, la régulation, la gouvernance, la protection de la vie privée, l’impact dans les révolutions, sur le choix de société dans laquelle nous souhaitons vivre, et celle que nous voulons construire pour nos enfants. Sur ces sujets, le eG8 a permis de constater la diversité des points de vue, les clivages forts, des choix de société très différents, et par conséquent la nécessité d’ouvrir ces débats à la société civile et à tous, car l’Internet est l’affaire de tous.

Ça ne fait que commencer !!

 

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 10:27
Le 29 avril 2011, nous avons organisé au sein du Think Tank Renaissance Numérique que je co-préside, un petit déjeuner sur le droit à l'oubli. Merci à Etienne Drouard, avocat à la Cour, Cabinet Morgan Lewis & Bockius, de nous avoir éclairé sur ce sujet majeur à l'heure des traces numériques et des réseaux sociaux. De quoi parle-t-on et quels sont les enjeux?  le droit à l'oubli est l'affaire de tous, et plusieurs questions se posent. 

 

Le droit à l'oubli: de quoi parle--on?

3 dimensions existent:

  1. le droit à l'oubli des traces d’une utilisation d’un réseau informatique, d’un paiement, d’un passage à un péage etc. (en France : 1 an; en Europe : 6 mois minimum; des délais différents dans tous les pays; aux USA : 7 ans) 
  1. le droit à l’oubli d’une information fournie une personne, information non publiée. On peut a tout moment demander que cette information soit effacée. 
  1. le droit à l’oubli d’une information publiée : obligation de se souvenir dés lors que dans les 3 mois il n’y  a pas eu de caractère injurieux ou diffamatoire soulevé. 

La question du temps est essentielle dans les débats sur le droit à l'oubli numérique. Le temps est un des moyens pour arriver à un équilibre sur le droit à l’oubli(l’exemple de la diffamation a été donné, l’action en diffamation se prescrit par trois mois). En 1984, Jacques Fauvet publie un article resté célèbre pour son analyse visionnaire : il estime dans cet écrit que depuis l’informatique, l’oubli fait l’objet d’un choix socialLe temps permet d’établir un équilibre entre plusieurs autres droits : le droit à la liberté d’expression d’une part, et le droit à la sécurité d’autre part.

 

Faire du droit à l’oubli un droit de l’homme ?

 La vie privée est une notion culturelle, liée à la société. Créer une loi française sur le droit à l’oubli pour protéger la vie privée risque d’être inutile et inefficace. Il est en effet difficile de règlementer la problématique du droit à l’oubli numérique au sein d’un cyberespace où les lois sont multiples et répondent à des conceptions différentes de la notion de liberté d’expression et de vie privée.Le droit de rectification « ne traverse pas l’Atlantique ». En d’autres termes, le champ d’application d’une loi française est beaucoup trop limité lorsqu’il s’agit d’internet. La charte sur le droit à l’oubli numérique, signée le 13 octobre 2010 sous l’impulsion de la Secrétaire d’Etat à l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, est sans doute une initiative intéressante, même si elle perd peut-être en crédibilité sans Google ni Facebook. En Espagne, le principe de protection des données personnelles est inscrit dans la Constitution depuis 1988. Il est également constitutionalisé en Italie. Alex Türk, Président de la CNIL, a réclamé la « reconnaissance d’un droit constitutionnel à l’oubli ». Il faut selon lui « appliquer à Internet le même type de raisonnement que pour l’écologie, dont la charte a été adossée à la Constitution en mars 2005 ». 

 

La sensibilisation des citoyens et auto éducation : solution préférable à une loi? 

 La sensibilisation des citoyens aux risques liés à la publication des données personnelles est un élément capital du débat. Les citoyens doivent être informés et conscient de l’utilisation qui est faite de leurs données personnelles. L’Etat serait-il le plus légitime pour le faire ? Une formation informatique destinée aux jeunes existe (le b2i) mais ne semble pas aujourd’hui suffisante. Elle vise notamment à apprendre à « adopter une attitude responsable » dans l’utilisation des TIC. La partie sur la vie privée est très courte et on peut s’interroger sur l’efficacité d’un tel programme.

 L’auto-éducation serait-rllr plus efficace et/ou suffisante ? La génération qui grandit avec internet s’éduque elle-même, les accidents individuels font adopter des stratégies de contournement (adoption d’identités distinctes, d’alias).

 

Quid de la pression médiatique et économique pour aboutir à une gestion des données personnelles plus transparentes?

 Par ailleurs, la pression médiatique suite à des cas de non respect de la vie privée ou de mauvaise gestion des données personnelles pourrait à terme permettre d’arriver à un équilibre sur le droit à l’oubli. Des réseaux sociaux ont déjà, sous la double pression médiatique et sous celle des utilisateurs, changé à maintes reprises leur politique relative à l’utilisation des données personnelles et la façon dont ils informaient les internautes. sur leurs droits et les possibilités qu’ils ont de saisir la CNIL

La pression économique contribue également à trouver un équilibre. Les éditeurs sont en concurrence, en compétition « saine » pour être celui qui propose les outils  les plus perfectionnés, les plus transparents quant à la gestion des données personnelles (exemple : en donnant le choix à l’utilisateur d’accepter ou refuser la géolocalisation). De même, l’évolution des outils / des techniques est ambivalente dès lors qu’on parle de droit à l’oubli : d’une part les outils révolutionnent régulièrement la collecte des informations (demain l’internet des objets), d’autre part ils permettent aux utilisateurs de mieux se renseigner sur les méthodes de contournement. 

 

Comment arbitrer les libertés en jeu? où mettre le curseur entre droit à l’oubli et devoir de mémoire ? entre la ressource que constitue les données et leur oubli? 

 L’un des dangers du droit à l’oubli, si l’on pousse le raisonnement jusqu’à son terme, est le révisionnisme. Si le droit à l’oubli était absolu chacun serait en mesure de réécrire son histoire comme bon lui semble, transformer ce qu’il a dit ou fait à une époque de sa vie…Or il doit exister un droit à l’oubli autant qu’une obligation de se souvenir, pour les individus comme pour la société. La question est de savoir où le curseur doit se placer. Il s’agit d’arbitrer entre l’intérêt général et le droit à l’oubli, plus personnel. Il semble préférable que l’arbitrage puisse être réalisé au cas par cas. Il faut laisser le juge trancher. C’est à lui (le juge, ou médiateur) que revient l’évaluation de la pertinence des arguments. En l’absence d’argument prouvant que l’information doit être conservée, il faut la supprimer.Par ailleurs, les données personnelles, les traces laissées par les utilisateurs sont des ressources inestimables pour l’économie numérique. Elles sont traitées et exploitées. Ces utilisations ne sont pas négatives, elles sont utiles. Mais elles doivent également être « contrôlées » ou du moins limitées. Ainsi, il est également nécessaire d’ arbitrer entre utilisation et oubli. La conservation des données doit être faite pour une durée proportionnelle aux objectifs et enjeux.

 

Le problème existe t-il vraiment ? N’est-on pas dans le fantasme ? où sont les victimes?

 Y a t-il vraiment un problème ? Ne crée t-on pas un climat de psychose pour pas grand chose ?C’est effectivement un énorme débat de société mais concrètement les conséquences individuelles sont souvent minimes. Et ce sont toujours les mêmes cas qui servent d’exemple. Par ailleurs, montrer du doigt internet comme un lieu dangereux où tout est conservé fait ressurgir le mythe de Big Brother et ne crée pas un climat serein au développement du numérique en France. Cultiver la peur autour de l’absence d’un droit à l’oubli sur internet pourrait donner de bonnes raisons aux  foyers non équipés d’Internet à domicile  de ne pas aller sur Internet.

 

Plus d’information à propos du décret  de mars 2011 sur la conservation des données personnelles

 

Principe : conservation obligatoire pendant un an. Il s’agit du droit d’accès de la police à l’information. Quid de la temporalité glissante ? On est tous les jours sur internet or ce délai court à partir du moment où l’on est sur internet donc finalement les données sont conservées ad vitam eternam. Conséquence : aussi longtemps qu'on ne change pas d'alias, la police peut y accéder pendant un an après la dernière utilisation. 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 19:37

 

La grande illusion française?

 

A la fin 2010, 67,7% des foyers français étaient connectés à l’Internet (source Médiamétrie). L’évolution est donc positive, mais la situation du numérique en France reste alarmante, selon la dernière étude de Renaissance Numérique.

Même si le chiffre du nombre de foyers connectés a progressé entre 2005 et 2010, la France a aujourd’hui un taux de foyers connectés équivalent à celui de la Corée en 2001, et se positionne à la vingtième place parmi les 29 pays de l’OCDE (les Pays-Bas ont 90% des foyers connectés, l’Allemagne plus de 80%). Le deuxième constat négatif concerne les PME. Selon Eurostat (2010), 48% des entreprises françaises de 10 à19 salariés avaient un site Web en 2009, ce qui correspond au niveau de la moyenne européenne de 2003 ! Et pour les entreprises ayant plus de 10 salariés, la France est en douzième position sur les 15 pays de l’UE. Le manque de culture numérique et un effet générationnel expliquent pour une part ce phénomène, mais peu de grandes mesures incitatives de formation au numérique ont été poussées au niveau national. Comme solution, nous proposons une grande campagne nationale de sensibilisation pour expliquer que l’Internet est source de productivité et de croissance pour les PME. Plus globalement, nous souhaiterions la mise en place d’une émission de format court, en prime time, sur les chaînes publiques, afin de sensibiliser toutes les cibles touchées par la fracture numérique.

Start up et e-education peinent à démarrer

Selon l’INSEE (2009), 2,1% seulement des créations d’entreprises en France sont attribuées au secteur du numérique. Cette faiblesse s’explique par un retour en arrière législatif concernant leur financement ; le statut de jeune entreprise innovante (JEI) revu ; la remise en cause du Crédit impôt recherche (CIR) ; le plafonnement inscrit dans la loi sur les FCPI interdisant les investissements provenant de fonds défiscalisés dès lors qu’ils sont supérieurs à 2,5 millions d’euros par an et par entreprise. Un environnement favorable à la réalisation de grands succès de start up innovantes n’existe pas en France et les jeunes talents préfèrent se lancer ailleurs. Pourtant, cette stimulation de l’écosystème peut être menée à tous les échelons des découpages administratifs, des communes au niveau européen. Ainsi, la France doit se pencher sur la concrétisation d’un « small business act » dont les principes ont été validés par l’UE en 2008, déclinable à toutes les échelles géographiques.

Autre constat alarmant, l’e-éducation. Selon les chiffres de 2009, il y a en France un ordinateur pour 25 élèves en maternelle et un ordinateur pour 11 élèves en classe primaire. Il est pourtant indispensable d’investir dans ce secteur. Pour ne pas créer une fracture numérique entre les générations futures, il est indispensable que le digital intègre le cœur de l’enseignement. Cela passe par la formation des enseignants, le passage aux livres numériques, l’équipement des élèves et des classes de technologies de pointe (tablettes, tableaux numériques, clés USB, etc.). Les collectivités locales ou les conseils régionaux peuvent être les premiers à faire bouger ce domaine.

E-commerce et seniors… peut mieux faire

Même si ce secteur se monte à 31 milliards en 2010 (source Fevad), il ne représente que la moitié de ce même secteur en Angleterre, où il y a 300 000 sites Web marchands contre 70 000 en France. Taxation et mesures expliquent ce phénomène. Enfin, en France, 18% seulement des plus de 70 ans ont accès à l’Internet (source ARCEP, 2009). L’une des solutions pour résoudre cette fracture  numérique est d’envisager l’équipement lié à la santé. Le rapport « Vivre chez soi » remis à la secrétaire d’Etat Nora Berra par Alain Franco en 2010, montre la formidable opportunité des technologies dans le cadre du maintien à domicile. Le débat actuel sur la dépendance doit intégrer la nécessité pour les seniors d’être équipés d’ordinateurs. Enfin, notre étude montre de fortes disparités de développement selon les régions et l’inégalité des citoyens face aux TIC. Et pour que la France trouve sa place internationale, notre think tank consacre l’année 2011 à l’élaboration de propositions prioritaires concrètes pour que le numérique citoyen devienne une réalité en France. Des propositions qui pourraient être débattues lors de la présidentielle de 2012.  

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 19:52

J'ai signé cet appel des 67 contre la taxe de la publicité sur Internet : "Le spectre du Silicon désert" paru dans la Tribine aujourd'hui: http://bit.ly/gdMeVF

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 09:53

 

La fracture numérique en France est toujours une réalité et il faut que ça bouge!

Lien ci dessous pour écouter l'interview sur Europe 1:

 

link

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 20:04

 

En septembre 2010, la France vient tout juste d’atteindre le niveau de connexions de la Corée du Sud… de 2001 ! Quand viendra le temps d’un réel effort pour réduire la fracture numérique ?

 

Lors de la conférence de presse qu’elle a tenue ce 22 novembre 2010 Renaissance Numérique a présenté une situation inquiétante de l’internet en France. Le Think Tank a mis en lumière 6 chiffres pour décrire 6 états catastrophiques, puis a dressé le bilan de ses propres actions et appelé à une urgente mobilisation en faveur du numérique avant d’annoncer le lancement d’une grande réflexion en son sein pour l’année 2011.

« Le numérique, aujourd’hui, en France ? Alarmant. »

Dans son livre blanc « 2010, l’Internet pour tous ! » publié en 2007, le Think Tank s’était fixé comme objectif d’arriver à 80% de foyers français équipés, connectés et formés à l’internet d’ici la fin de l’année 2010. À l’approche de cette date butoir, Renaissance Numérique a décrit l’état du numérique dans l’hexagone : « une situation alarmante».

Guillaume Buffet, co-président de Renaissance Numérique, a lancé : « Nous sommes très loin des ambitions que nous avons pour notre pays. Le constat que nous faisons de la situation actuelle est un pavé jeté dans la mare, les indicateurs sont clairement dans le rouge ! En un mot, c’est alarmant ». Les chiffres présentés par Renaissance Numérique illustrent en effet l’urgence qu’il y a à agir :

-          Au 3e trimestre 2010, seulement 2 foyers français sur 3 sont connectés à internet : la France de 2010 est au niveau de la Corée du sud en 2001 ! ;

-          Moins d’une PME française sur deux (48%) dispose d’un site internet : la France est à 13 points en dessous de la moyenne européenne ;

-          Les start-ups numériques ne représentent que 2,1% des créations d’entreprises : les entreprises de l’internet se créent à l’étranger ;

-          Le chiffre d’affaire du e-commerce français ne représente même pas la moitié de celui réalisé au Royaume-Uni (25 milliards contre 56) ;

-          Les écoles élémentaires comptent 11 élèves pour un seul ordinateur. Existe-t-il même une ambition sur le numérique ?

Renaissance Numérique a ensuite présenté la synthèse de l’étude qu’elle a réalisée au 2e trimestre 2010 sur les politiques régionales en matière de numérique. Si elle salue les initiatives de 5 régions (Île de France, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Aquitaine et Auvergne), elle en appelle à plus de coopération avec les autres collectivités, les CCI, les rectorats et les associations professionnelles. L’étude est téléchargeable sur le site internet www.renaissancenumerique.org.

Le début d’une écoute

Cet état des lieux ne doit pas pour autant nier quelques signes encourageants. Renaissance Numérique a estimé, à partir du bilan de ses propres actions, que la centaine de réunions tenues en près de cinq ans avait porté ses fruits. Huit des quinze propositions de son  livre blanc publié en 2007 (« 2010, l’Internet pour tous ! »), ont été engagées. La plus emblématique d’entre elles était l’entrée du numérique dans un portefeuille gouvernemental, qui a effectivement vu le jour avec le Secrétariat d’Etat au numérique, aujourd’hui regroupé avec l’Industrie et l’Energie.

L’investissement de Renaissance Numérique a également permis la généralisation du reconditionnement d’ordinateurs, l’autorisation du don de matériel informatique par les entreprises à leurs salariés sans taxation et la progression de l’accessibilité du Net pour les personnes mal et non-voyantes. Deux opérations on été lancées : « Banlieue 2.0 », visant à proposer des actions concrètes pour que le numérique favorise l’emploi les jeunes dans les banlieues, et « Rentrée 2.0 », visant à équiper des écoles primaires et des foyers à faibles revenus avec des ordinateurs reconditionnés, favorisant en même temps la création d’emplois de réinsertion sociale.

La co-présidente Christine Balagué, se félicite que le Think Tank soit « devenu un interlocuteur privilégié, écouté et respecté : du Sénat américain au Parlement français en passant par l’Union européenne et les collectivités territoriales, Renaissance Numérique est systématiquement auditionnée, son avis sollicité et ses positions reprises . Nous devons poursuivre notre démarche, car la société du numérique citoyen n’est pas encore une réalité en France  ».

C’est ainsi que les recommandations  établies à l’occasion du plan de relance numérique et du grand emprunt ont été intégrées aux choix retenus par le Gouvernement. Renaissance Numérique salue cet effort tout en restant vigilante sur le suivi et le retour des investissements sélectionnés, en particulier sur les 4,5 milliards d’euros consacrés au numérique dans le cadre du grand emprunt.

Préparation des Présidentielles

En conclusion, Renaissance Numérique a estimé que l’action des Secrétaires d’Etat au numérique qui se sont succédés n’était pas suffisante, eu égard à l’état actuel de la société numérique française. De nombreux chantiers restent inachevés.

Le Think Tank en a enfin appelé à cesser de stigmatiser l’internet comme un lieu dangereux et  a demandé une mobilisation d’envergure, à la hauteur des ambitions qui sont les siennes pour le développement du numérique tous, dans une optique citoyenne. Renaissance Numérique a ainsi annoncé que l’année 2011 serait consacrée à la rédaction d’un grand programme numérique en vue de la préparation des débats lors des élections présidentielles de 2012.

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 10:25

STDrentree20

 

Le 16 septembre 2010, Renaissance Numérique a lancé Rentrée 2.0, formidable initiative pour réduire la fracture numérique en France. Cette opération vise à proposer du matériel informatique à bas prix pour équiper des écoles primaires/maternelles ainsi que des foyers à faibles revenus dont les enfants sont scolarisés dans ces écoles.

Rentrée 2.0 consiste à contacter des entreprises/organisations pour qu'elles donnent des ordinateurs amortis qui seront ensuite reconditionnés dans le cadre du label ordi 2.0 par des ateliers (Ateliers Sans Frontières, Ateliers du Bocage émanation d'Emmaus) qui font de la réinsertion sociale de personnes en difficulté. Les ordinateurs sont ensuite rééquipés soit d'un logiciel libre soi d'une licence Microsoft (dans le cadre du programme international MAR de Microsoft), puis proposés à un prix d'environ 100 euros par ordinateur.

Renaissance Numérique a lancé le 16 septembre un concours invitant les collectivités locales et les écoles à répondre à cet appel. La secrétaire d'Etat au numérique Nathalie Kosciusko-Morizet a soutenu l'opération et clôturé l'évènement.

Une formidable chaîne de solidarité est en train de se tisser. 18 étudiants de l'Institut telecom (école d'ingénieur) seront en charge d'équiper les écoles, d'assurer la maintenance et de former les professeurs et éventuellement les élèves.

Pour ceux qui souhaitent donner des ordinateurs ou pour les collectivités locales et les écoles qui souhaitent participer à l'opération:

www.rentrée2-0.fr

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 16:04

STDrentree20

 

 

 

Venez nombreux au  lancement de l'opération Rentrée 2.0, que nous avons organisé au sein de Renaissance Numérique, le 16 septembre 2010, de 9h00 à 12h00, à la Maison de la RATP (189, rue de Bercy, Paris 12e).

L'objectif est d'équiper des écoles primaires franciliennes (et des foyers dont les enfants sont scolarisés, sous condition de ressource) avec des ordinateurs reconditionnés. C'est une magnifique chaîne de solidarité, avec de nomreux partenaires (DUI, Fondation RATP, Microsoft, Ateliers du Bocage, Ateliers sans Frontière, Pages Jaunes, Maison des services à la personne, Cap Gemini, étudiants de Telecom Sud Paris etc...).  Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'Etat en charge de la Prospective et du développement de l'Economie numérique, interviendra en début de martinée.  Bloquez votre agenda pour participer à cette matinée de lancement, et n'hésitez pas à en parler autour de vous!

 

Inscriptions : http://renaissancenumerique.typepad.fr/ordi2-0/inscriptions.html

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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 02:56

 

vivre-chez-soi

 

 

 

En tant que rapporteur du groupe de travail sur "Technologies et Services pour l'autonomie, je suis ravie que le rapport de la Mission Vivre Chez Soi,lancée par la secrétaire d'Etat aux aînés Nora Bera en février, et coordonné brillament par le Professeur Alain Franco, Professeur de médecine à Nice et Président du Centre National de Référence – Santé à Domicile et Autonomie,  soit aujourd'hui finalisé et disponible pour tous.

 

Une lecture de ce rapport permet de réaliser les formidables opportunités des technologies et du numérique pour aider les personnes âgées à mieux vivre chez elles,que ce soit à des fins de lien social avec la famille et l'entourage, que ce soit pour des activités ludiques ou d'information, ou que ce soit pour gérer des situations de fragilité ou encore suppléer à certaines faiblesses physiques

 

Le secteur de la e-santé est probablement celui qui va profondément révolutionner nos sociétés dans les prochaines années, avec des impacts économiques forts sur les dépenses de santé ainsi que la création de nouveaux marchés et services dédiés. On est là pleinement dans le développement des technologies dans une optique citoyenne.

 

A suivre donc dans les prochains mois les actions concrètes et les expérimentations sur des territoires qui seront issues de ce rapport.

 

 

Le rapport est téléchargeable via le lien ci-dessous: 

link

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